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2006/7/22 Question 2. "Quel est ton meilleurs souvenir ?"C'était à Paris, pendant un week-end de stage. Donc un souvenir assez récent, mais profondément ancré en moi depuis.
Le dimanche matin. J'allais pour prendre le RER, il pleuvait des cordes, c'était gris partout, et je marchais en faisant attention aux flaques. Il y a un café qui fait l'angle d'une rue, je passe devant à chaque fois.
J'étais à quelques mètres encore quand j'ai aperçu une forme assise au sol, devant la baie vitrée, à même le trottoir trempé, s'abritant tant bien que mal et avec entre les mains un petit écriteau en carton.
C'est sans doute un spectacle trop courant pour les habitants de la capitale. Pas encore pour moi... en fait je me demande si j'arriverai à m'y habituer un jour. Et j'ai le trac à chaque fois, de passer devant quelqu'un qui demande sans rien lui donner, cela me met très mal à l'aise! C'est quelque chose qui me bouscule, je n'arrive pas à jouer l'indifférence, à passer comme tout le monde comme si il n'y avait personne, je me sens toujours coupable.
Ce jour-là en plus, j'avais mon sac de stage (assez lourd), un parapluie et mon sac à main de l'autres côté, il y avait beaucoup de passants qui marchaient vite et il pleuvait si fort... J'ai vaguement ralenti devant lui (c'était un jeune, d'une vingtaine d'années peut-être), avec un geste impuissant... et j'ai continué.
Sur le carton il avait mis : "J'ai faim"
Juste ça. J'ai faim. Comme un cri douloureux. En tout cas c'est l'effet que ça m'a fait. Et j'ai trouvé ça tellement injuste. Quelqu'un qui a faim. Qui est obligé de l'écrire en grand sur un papier, pour être sûr qu'on va le lire, peut-être... comme une publicité. Avec la même indifférence.
Je me suis sermonnée intérieurement jusqu'au RER. Une fois là, j'ai passé mon ticket et je suis allée sur le quai, il y avait des sièges le long du mur, je me suis assise pour attendre.
Je n'arrivais pas à penser à autre chose. Je me disais "Tu aurais pu t'arrêter quand même! - Oui mais enfin, il y en a partout ici! Dans la rue, dans le métro! C'est pas possible de donner à tous ceux que l'on voit malheureusement! Et puis comment j'aurais fais pour lui donner sans poser mon sac dans la flotte? En plus j'ai pas beaucoup de temps, je dois être à l'heure sur mon lieu de stage!"
Je m'en voulais vraiment. Le RER tardait à arriver (ils y en a moins le dimanche matin).
Alors, hop! Je me suis levée. J'ai ramassé mes sacs, mon parapluie, ai remonté tous les escaliers (avec une pensée pour les gens qui attendaient avec moi et qui pouvaient se demander la raison de ce brusque départ!) pris un ticket neuf pour sortir de la station, et une fois dehors, fais le chemin en sens inverse. Jusqu'au café. J'espérais qu'il serait encore là.
Il y était. Toujours assis, encore plus trempé. Il m'a vu arriver de loin. J'avançais sans réfléchir. Je me suis arrêtée devant lui. J'avais préparé un peu de monnaie avant, pour ne pas avoir à poser mon sac par terre. J'ai levé les yeux au moment de lui donner, et mon regard a rencontré le sien. Bleu, très doux, très simple. Son sourire m'a bouleversée. Il m'a dit merci, plusieurs fois. Moi aussi, sans y penser, en ajoutant quelque chose comme : "Bonne journée" ... je ne sais plus. Je suis repartie très vite.
De retour à la station, encore en haut des escaliers, j'ai entendu la sonnerie du RER juste avant la fermeture des portes... mais j'étais trop heureuse à ce moment et toujours abasourdie par ce que je venais de faire (même si ça n'avait rien d'extraordinaire, lol, enfin pour moi ça l'était plus ou moins) donc cela ne m'a pas vraiment inquiétée.
Et en fait je n'ai pas eu longtemps à attendre pour voir arriver le suivant, et à 9h00 pile j'étais sur place pour commencer ma journée, le sourire au lèvres en dépit de la grisaille.
Par la suite j'ai effectué un ancrage à partir de ce souvenir, pour retrouver le sentiment de plénitude éprouvé ce matin là, cette immense joie d'avoir suivi mon jugement personnel, en me moquant de ce "qu'on" pouvait penser, de l'opinion des autres, du temps aussi... Je me suis senti remplie de liberté, en accord avec moi-même pour une fois, et c'est tellement rare! C'est pour ça que je lui ai dit merci.
A bientôt 2006/7/12 Question 1. "Quelles sont tes armes ?"Bonsoir à tous,
Après bien des hésitations, me voici enfin entrée dans le Monde de l'Eau !
Alors, 5 qualités personnelles que je me reconnais et qui sont susceptible de m'aider à réaliser ma quête :
1) ténacité
Je me rend compte de plus en plus que je peux être très tenace dans la vie, surtout face à une difficulté, du moment que je sais exactement ce que je veux. Après, c'est juste une question de motivation sur le long terme, mais quand quelque chose me tient à coeur, que j'y accorde une valeur réelle, je n'abandonne pas facilement. Il y a des périodes de découragement, de doute, mais j'y reviens toujours, d'une manière ou d'une autre.
2) lucidité
Pour analyser les situations, les gens, la vie... et moi-même...
3) indépendance
C'est cette indépendance qui me pousse à devenir plus responsable, davantage autonome par rapport à mes proches... et donc à rechercher la confiance en mon jugement personnel.
4) dons artistiques
Quand je les utilise (au travers du dessin, de la peinture, de la musique...) je fais appel à mon intuition, ma sensibilité, ma créativité, mon écoute, et c'est donc une clé essentielle pour renforcer la confiance en ma perception des choses, des êtres, de la vérité aussi bien que de tout le reste.
5) douceur
Une arme puissante que j'ai tendance à négliger. Mais bien présente malgré tout. Elle est utile pour ma quête, car je ne peux pas être confiante si je passe mon temps à dénigrer qui je suis, sans indulgence pour mes défauts ou mes imperfections... donc, pour commencer, être douce avec moi-même (et je le serai certainement davantage avec les autres!)
A bientôt 2006/7/5 ...On a emmené un de nos chiens chez le vétérinaire cette nuit... Dalaï.
C'était une très très vieille Shih Tzu, elle avait au moins 19 ans, complètement aveugle, cancer généralisé, même plus de dents... on en revient pas qu'elle ait tenu aussi longtemps, tous les ans ont se disait : "elle ne va plus tenir longtemps maintenant, à mon avis elle sera plus là l'année prochaine..." et puis si, elle était toujours là, de plus en plus faible, de plus en plus paresseuse, mais elle mangeait bien, elle terminait toutes ses gamelles et faisait quand même preuve d'une vitalité et d'une gaieté étonnante par moment.
C'est moi qui m'en suis occupée en grand partie toutes ces dernières années, avec plus ou moins de patience! Etant aveugle, elle se cognait partout, la nuit elle faisait sous elle dans son panier que je devais changer tous les matins. Elle en mettait toujours partout quand elle mangeait ses croquettes parce qu'il fallait les mouiller pour l'aider vu qu'elle n'avait plus de dents. Quand elle allait boire, elle renversait aussi la gamelle d'eau.
Pour la toiletter c'était tout une affaire, parce qu'elle refusait de rester tranquille. Comme elle voyait plus rien, elle craignait le contact de nos mains. Je la tondais régulièrement, c'était encore le plus simple! La dernière fois, on lui a carrément donné un calmant pour que je puisse m'en occuper sans qu'elle bouge toutes les trentes secondes. C'était pas du luxe, mais je pouvais pas la laisser dans cet état et un toiletteur aurait jamais voulu s'en charger. Enfin, à chaque fois que j'avais terminé, j'étais quand même heureuse de la voir un peu moins laide et sale même si à la fin elle était devenue vraiment affreusement maigre et moche, elle avait plus rien d'un Shih Tzu!
A une période, elle me réveillait toutes les nuits, en tournant en rond dans la cuisine, comme une folle, sans raison. Peut-être angoissait-elle. Et le lendemain j'avais une véritable patinoire à nettoyer! Alors j'ai pris l'habitude de me lever (en général vers 4h) pour la sortir dans la cour devant la maison. Et puis j'enlevais la gamelle d'eau dès six heure du soir et tournais son panier contre le mur de façon à ce qu'elle y reste. Mais ça ne changeait pas grand chose parce qu'elle arrivait à sauter par dessus. Et moi ça commençait à me rendre folle également, le moindre bruit de sa part suffisait à me tirer du sommeil, c'était devenu un automatisme. Je sortais de mon lit sans réfléchir, et j'allais la mettre dehors. A la fin je prenais même plus la peine de me couvrir, et j'attendais pieds nus près de la porte entr'ouverte. Parce qu'en plus il lui en fallait du temps! Rien que pour trouver une odeur comme font les chiens, une habitude. Seulement sans flaire elle trouvait pas grand chose!
Comme ça ne pouvait pas durer, mon frère a eu la bonne idée de fabriquer une barrière pour entourer le panier la nuit, avec des morceaux de carton. Et moi j'ai arrêté de me lever. On lui a fait un petit flacon avec des fleurs de Bach, pour l'apaiser et effectivement depuis ça allait vraiment mieux, elle dormait beaucoup plus (et moi aussi, ouf!) et avait moins d'angoisses.
Hier, elle a commencé à s'étouffer en respirant, comme une sorte d'emphysème, c'était pas la première fois (probablement une conséquence de la chaleur ces derniers temps) mais ça avait jamais été à ce point donc on a commencé à s'inquiéter mais on ne pouvait pas faire grand-chose. Elle n'a pas dormi de la journée, elle restait là à tousser et à cracher, et elle refusait de boire ou de se coucher. Alors on s'est dit : "Bon si elle est encore dans cet état demain, on l'emmène chez le vétérinaire." Décision pas évidente du tout...même si c'était pas la première fois que le cas se présentait pour elle, mais elle avait toujours repris le dessus. Mais là ça avait l'air assez mal parti.
Elle nous a réveillé vers minuit en geignant. Elle était complètement épuisée, renversée en arrière et elle cherchait desespérément de l'air, la gueule grande ouverte.
J'y suis allée avec ma soeur. On a mis le panier à l'arrière de la voiture et je me suis assise à côté pendant le trajet, pour rassurer la chienne mais elle était très faible et avait même plus la force de bouger au contact de ma main qui lui faisait du Reiki.
Quand on est arrivé à la clinique vétérinaire, le médecin de garde qu'on avait appelé n'était pas encore là, on a attendu deux minutes puis il nous a ouvert et j'ai porté le panier à l'intérieur du cabinet.
Il nous a demandé si on préférait qu'il l'endorme avec ou sans nous, moi j'ai dis que je voulais rester près d'elle. Ma soeur est allé attendre dehors, on avait les larmes aux yeux toutes les deux. J'avais du mal à garder mon calme, mais je voulais être là pour elle. J'ai laissé mes mains en contact tant que ça a duré. J'ai demandé au vétérinaire combien de temps cela prenait et il m'a répondu que c'était instantané. Je croyais que je ne pleurerais pas. Mais ça m'a quand même fait quelque chose. Juste ce vide tout à coup, quand j'ai réalisé qu'il n'y avait plus rien sous mes mains.
On est rentré. On se réconfortait l'une l'autre avec ma soeur mais on était pas dans nos assiettes. Et puis de se dire qu'il n'y avait pas d'autre solution, qu'on pouvait quand même pas la laisser étouffer. Je ne voulais pas me révolter mais je pleurais malgré moi. C'est pas le premier animal qu'on perd, mais à chaque fois ça fait tellement bizarre! Et que ce soit un chien ça change rien finalement, il y a ce sentiment de perte. On a beau savoir beaucoup, quand ce genre de chose arrivent ça remet tout en question, ça bouscule tout... c'est quelque chose qui se passe mais qu'on arrive pas à saisir...
J'ai perdue une amie il y a deux ans. Elle était déjà âgée et très malade depuis longtemps, donc c'était plutôt une bénédiction pour elle, mais j'avais beau me le répéter, ça m'empêchait pas de pleurer, et de me dire :"Mais pourquoi??!"
De retour à la maison, on a essayé de se rendormir, mais c'était pas trop possible, en plus il y avait de l'orage. Finalement on s'est installées devant la télé avec du jus d'orange et du quatre quart et on a regardé un épisode de "Une famille formidable" , en choisissant une saison avec des moments drôles, histoire de remonter le moral des troupes. La télé arrêtait pas de couper et il y avait tout le temps des éclairs mais ça a pas duré longtemps. Notre petite soeur est aussi venue à un moment parce que l'orage, en plein nuit, c'est pas très réconfortant!
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